Guerre

29 Apr 2026

Une frappe de « contrôle climatique » ? Des allégations de manipulation du climat au Moyen-Orient

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Tired Earth

Par la rédaction

Le lac Maharloo, également connu sous le nom de « lac rose » près de Shiraz en Iran, a récemment retrouvé de l’eau grâce aux précipitations, redonnant vie à cet écosystème fragile.


Ces derniers jours, des déclarations de la Dr Fatima Saad Al-Hasani, enseignante à l’Université de l’Oregon, ont suscité une attention particulière. Dans une intervention largement relayée par les médias, elle a suggéré que le ciblage d’une installation technique aux Émirats arabes unis le 13 avril 2026 ne constituait « pas seulement une attaque militaire », mais pourrait également être interprété comme une perturbation d’un « système climatique » plus large. Selon elle, ce site faisait partie d’infrastructures liées à la modification météorologique et à la gestion des précipitations dans la région.

Elle a également avancé que cette installation pouvait jouer un rôle non seulement dans les programmes d’ensemencement des nuages des Émirats, mais aussi dans l’influence des conditions météorologiques en Irak et dans l’est de l’Iran, dans le cadre d’un réseau opérationnel élargi. Depuis l’arrêt supposé de ses activités, certains observateurs ont relevé des changements rapides des conditions climatiques régionales : augmentation des précipitations, baisse relative des températures et retour de l’humidité dans certaines zones d’Iran et d’Irak. Dans certaines analyses, ces évolutions ont été présentées comme des indices possibles d’une forme « d’intervention climatique ».

Des images diffusées sur les réseaux sociaux montrent notamment un contraste frappant : une rivière à Souleimaniyeh, en Irak, autrefois asséchée, coule à nouveau après les pluies récentes.

Ces affirmations s’inscrivent toutefois dans un débat ancien et complexe sur les technologies de modification du climat. Des techniques comme l’ensemencement des nuages — et, plus controversé encore, les interventions atmosphériques à grande échelle — sont discutées depuis des décennies dans les milieux scientifiques et publics. Si certaines de ces méthodes sont effectivement utilisées dans des contextes limités et encadrés, le concept plus large de géo-ingénierie climatique demeure très controversé. Des interrogations persistent quant à leur efficacité, à leurs effets secondaires potentiels et à l’absence de cadres réglementaires internationaux clairs. Surtout, il n’existe aucun consensus scientifique attestant que les technologies actuelles puissent provoquer des modifications climatiques transfrontalières d’une ampleur comparable à celles évoquées dans certaines hypothèses.

Dans le même temps, la sensibilité des enjeux liés à la sécurité hydrique et au stress climatique — en particulier dans les régions arides et semi-arides — favorise l’émergence de spéculations et d’interprétations divergentes. Certaines analyses vont plus loin, évoquant des objectifs déclarés ou implicites associés à ces technologies : accroître les précipitations dans certains pays ou, potentiellement, modifier les flux d’humidité dans les régions voisines, avec des conséquences possibles sur l’agriculture et les ressources en eau.

Des références ont également été faites à des substances comme l’iodure d’argent ou certains composés d’aluminium, effectivement utilisés dans certaines opérations d’ensemencement des nuages. Cependant, les capacités qui leur sont parfois attribuées — comme l’assèchement de vastes territoires ou la modification profonde des systèmes de vents régionaux — ne sont pas scientifiquement démontrées et font l’objet de vives controverses.

D’autres hypothèses évoquent la reconstruction ou le déplacement de ces infrastructures, notamment via l’utilisation de drones plutôt que d’installations fixes, ainsi que l’implication présumée d’autres États dans le développement de technologies similaires.

Dans l’ensemble, ces récits mettent en lumière l’intersection complexe entre science, géopolitique et perception publique. Ils soulèvent des questions importantes sur les capacités réelles des technologies de modification météorologique et leurs implications potentielles pour le climat régional et la sécurité de l’eau.

Répondre à ces interrogations nécessite des recherches scientifiques rigoureuses, des données transparentes et une supervision internationale effective. En l’absence de transparence, les interprétations peuvent rapidement dériver vers des récits plus larges et controversés. C’est pourquoi de nombreux scientifiques insistent sur la nécessité de coopération, de partage ouvert des données et d’analyses fondées sur des preuves.

Les systèmes climatiques sont au cœur du fonctionnement des sociétés humaines : toute incompréhension — ou déformation — de ces mécanismes comporte des risques qui dépassent largement les frontières politiques et nationales.


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