02 Jun 2026
Tired Earth
Par la rédaction
Les incendies qui ont touché plusieurs dépôts pétroliers et installations de raffinage à Téhéran en mars 2026 ont provoqué un épisode de pollution atmosphérique d’une ampleur exceptionnelle, selon une nouvelle étude scientifique publiée dans la revue Advances in Atmospheric Sciences.
Les incendies qui ont touché plusieurs dépôts pétroliers et installations de raffinage à Téhéran en mars 2026 ont provoqué un épisode de pollution atmosphérique d’une ampleur exceptionnelle, selon une nouvelle étude scientifique publiée dans la revue Advances in Atmospheric Sciences.
D’après les chercheurs, les émissions générées par ces incendies se sont étendues sur près de 300 000 kilomètres carrés, soit une superficie comparable à celle de l’Italie. Les polluants libérés dans l’atmosphère n’ont pas seulement affecté l’Iran : ils ont également franchi plusieurs frontières et parcouru des milliers de kilomètres à travers l’Asie.
Pour retracer l’évolution du panache de pollution, l’équipe scientifique a combiné les données de satellites européens et chinois. Les analyses indiquent qu’environ 30 000 tonnes de dioxyde de soufre (SO₂) ont été rejetées dans l’air en l’espace d’environ deux jours. Un tel volume d’émissions est comparable à celui observé lors de certaines catastrophes industrielles majeures ou d’éruptions volcaniques de taille moyenne.
L’étude montre également la rapidité avec laquelle la pollution s’est propagée. Porté par les courants atmosphériques, le nuage s’est déplacé vers le nord-est à grande vitesse. En moins de quarante-huit heures, les masses d’air contaminées avaient déjà traversé plusieurs pays et atteint des régions situées à des milliers de kilomètres du lieu de l’incendie.
Les chercheurs se sont particulièrement intéressés au dioxyde de soufre, un gaz associé à la combustion de produits pétroliers. Ce polluant est connu pour ses effets sur la santé humaine : il peut irriter les voies respiratoires, aggraver certaines maladies pulmonaires et cardiovasculaires, et contribuer à la formation de pluies acides susceptibles d’endommager les écosystèmes.
L’étude évoque également des signalements de « pluie noire » observés après les incendies. Ce phénomène résulte du mélange de particules de suie, de résidus pétroliers et d’autres polluants atmosphériques issus de la combustion. Les retombées de ces substances soulèvent des inquiétudes concernant la qualité des sols, des ressources en eau, de la végétation et des terres agricoles.
Selon les auteurs, les conséquences environnementales pourraient persister bien après l’extinction des flammes. Si le panache atmosphérique s’est progressivement dispersé, une partie des contaminants s’est déposée au sol, où ils pourraient demeurer pendant des années et intégrer progressivement les chaînes alimentaires via l’eau, les cultures ou l’élevage.
Au-delà du cas iranien, cette recherche illustre l’importance croissante des technologies satellitaires pour surveiller les impacts environnementaux des conflits armés. Grâce aux observations des satellites FengYun et Sentinel-5P, les scientifiques ont pu suivre presque en temps réel l’évolution du nuage de pollution, malgré le manque de stations de mesure au sol dans certaines zones concernées.
Pour les chercheurs, ces résultats rappellent une réalité souvent négligée : les conséquences environnementales des guerres dépassent largement les frontières des pays touchés. Lorsqu’une infrastructure énergétique est détruite ou incendiée, les polluants peuvent être transportés sur de très longues distances, transformant un événement local en un défi environnemental régional, voire continental.
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