Guerre

07 Jun 2026

Les femmes palestiniennes paient le prix le plus lourd des conséquences environnementales de l'occupation

logo

Tired Earth

Par la rédaction

La dégradation environnementale en Palestine est étroitement liée à la situation des femmes palestiniennes

Dans un communiqué publié ce week-end, le ministère palestinien des Affaires féminines affirme que le droit à un environnement sûr, sain et durable est un droit humain fondamental. Mais sur le terrain, en Cisjordanie occupée comme dans la bande de Gaza, ce droit est quotidiennement bafoué — et ce sont les femmes qui en subissent les conséquences les plus directes.
 
Des femmes rurales en première ligne
 
Mona al-Khalili, ministre des Affaires féminines, explique que la destruction des terres et des ressources naturelles en Palestine frappe d'abord les femmes rurales. Ces dernières, rappelle-t-elle, sont les piliers de la sécurité alimentaire locale et de la production agricole. Quand un champ est confisqué, quand un arbre est arraché, c'est tout un système de subsistance qui s'effondre — et avec lui, l'autonomie de milliers de familles.
 
« La dégradation environnementale en Palestine est étroitement liée à la situation des femmes palestiniennes », a déclaré la ministre, citée dans le communiqué.
 
Gaza : 2,2 millions de personnes exposées à la faim
 
Dans la bande de Gaza, où la guerre a ravagé les infrastructures et les réseaux d'eau potable, la crise humanitaire atteint des niveaux catastrophiques. Selon les chiffres avancés par le ministère, les prix des produits alimentaires ont grimpé de plus de 200 %. Conséquence directe : environ 2,2 millions de Palestiniens sont désormais exposés à des risques accrus de famine et de malnutrition.
 
Parmi eux, près d'un million de femmes et de jeunes filles. Et une statistique plus alarmante encore : quelque 160 000 femmes enceintes ou allaitantes souffriraient de malnutrition aiguë — une condition dangereuse pour elles-mêmes comme pour les nouveau-nés.
 
L'effondrement quasi total des réseaux d'eau et d'assainissement aggrave encore la situation. Les femmes et les filles, traditionnellement chargées des tâches domestiques et des soins aux enfants, se retrouvent exposées à des risques sanitaires accrus : maladies hydriques, infections, complications obstétricales. Tout cela dans un contexte de pénurie persistante de services de santé.
Cisjordanie : des arrachages et des colonies
 
En Cisjordanie occupée, la menace est différente mais tout aussi structurée. Le ministère pointe du doigt les politiques de colonisation et les confiscations de terres, qu'il qualifie de « principale menace pour l'environnement palestinien ».
 
Les chiffres sont éloquents. Au cours du seul premier semestre 2026, plus de 9 000 arbres ont été déracinés ou endommagés. Sept nouveaux avant-postes de colonisation ont été établis, et des projets concernant 34 colonies ont été approuvés.
 
Or, environ 115 000 familles en Cisjordanie dépendent de l'agriculture comme principale source de revenus. Parmi elles, plus de 72 000 familles agricoles et pastorales auraient besoin d'une aide urgente pour préserver leurs moyens d'existence. Quand on sait que ce sont majoritairement les femmes qui assurent la continuité de ces exploitations — en l'absence des hommes, souvent détenus, blessés ou décédés — on mesure l'ampleur des dégâts.
 
Un appel à la communauté internationale
 
Face à ce constat, le ministère des Affaires féminines ne se contente pas d'alerter. Il demande des actes.
 
Dans son communiqué, il appelle la communauté internationale à assumer ses responsabilités juridiques et morales, et à demander des comptes à Israël pour les dommages causés à l'environnement et aux ressources naturelles palestiniennes.
 
Le ministère plaide également pour le renforcement des politiques intégrant les questions environnementales et climatiques dans une perspective de genre — autrement dit : ne plus traiter l'écologie et les droits des femmes comme des dossiers séparés.
 
Enfin, il réclame des mesures concrètes pour soutenir la résilience des Palestiniennes et promouvoir ce que l'on appelle la « justice environnementale » : l'idée que les populations les plus vulnérables ne doivent pas payer les frais d'une dégradation qu'elles n'ont pas provoquée.
Une journée mondiale sous le signe de l'urgence
 
Ce 5 juin, tandis que le monde célèbrait la Journée mondiale de l'environnement, des millions de femmes palestiniennes continueront de chercher de l'eau potable, de cultiver des terres menacées de confiscation, ou d'allaiter des nouveau-nés dans des camps de déplacés.


newsletter

The best of Tired Earth delivered to your inbox

Sign up for more inspiring photos, stories, and special offers from Tired Earth

By signing up for this email, you are agreeing to news, offers, and information from Tired Earth. Click here to visit our Privacy Policy.