13 Aug 2026

Monique Barbut estime le coût de la canicule en France à 10 à 15 milliards d’euros

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Tired Earth

By The Editorial Board

La ministre de la Transition écologique, Monique Barbut, a estimé mercredi 12 août que les épisodes de chaleur de cet été pourraient représenter 10 à 15 milliards d’euros de coûts directs et indirects pour l’économie française.

La canicule ne représente pas seulement un risque sanitaire et environnemental : elle pèse également sur l’économie française. La ministre de la Transition écologique, Monique Barbut, a estimé mercredi 12 août que les épisodes de chaleur de cet été pourraient représenter 10 à 15 milliards d’euros de coûts directs et indirects pour l’économie française.

Une estimation encore provisoire

Lors d’une réunion de crise consacrée à la sécheresse, Monique Barbut a avancé une fourchette de 10 à 15 milliards d’euros, en affirmant initialement qu’il s’agissait d’une estimation de l’Insee. L’institut a toutefois rapidement démenti être à l’origine de ces chiffres.

Comme l’explique Le HuffPost, l’estimation provient en réalité des services du ministère de la Transition écologique. Elle a été établie à partir des données de l’Insee concernant les précédents épisodes climatiques, en intégrant notamment des coûts indirects liés à la santé. Le montant reste donc une projection, l’été et ses conséquences n’étant pas encore terminés.

Cette prudence n’empêche pas l’ordre de grandeur d’apparaître cohérent avec les précédents épisodes de chaleur. La canicule de 2003 avait ainsi coûté entre 15 et 30 milliards d’euros à l’économie française, avec notamment une forte baisse des rendements agricoles et un ralentissement de la croissance. Entre 2015 et 2020, des travaux cités par Le HuffPost avaient également évalué le coût des canicules à 4 à 7 milliards d’euros par an, selon leur intensité.

Agriculture, entreprises et trésorerie directement touchées

Les conséquences économiques de la chaleur se manifestent dans plusieurs secteurs. L’agriculture est particulièrement exposée aux pertes de rendement et au stress hydrique, tandis que les incendies peuvent détruire des cultures, des infrastructures et des équipements.

Les entreprises doivent également composer avec la baisse de productivité des salariés, les interruptions d'activité et l'augmentation de certaines dépenses, notamment énergétiques. Le Figaro souligne ainsi l'impact combiné des pertes agricoles, des incendies et des difficultés de trésorerie pour les entreprises.

Le coût de la chaleur ne se limite donc pas aux dommages visibles. Une partie de la facture provient de conséquences plus diffuses : baisse de la production, absentéisme, dépenses de santé, perturbation des transports ou encore ralentissement de l'activité.

Une facture qui pourrait atteindre 200 milliards d’euros

Au-delà du coût de la seule saison 2026, plusieurs études montrent que la répétition des vagues de chaleur pourrait représenter une charge économique beaucoup plus importante.

Selon l’étude d’Allianz Trade relayée par BFMTV, les vagues de chaleur pourraient entraîner plus de 200 milliards d’euros de pertes économiques en France d’ici 2030. Le scénario repose sur la répétition, entre 2026 et 2030, des années les plus chaudes observées au cours de la dernière décennie.

Une estimation plus précise de l’étude évoque 206 milliards d’euros de pertes cumulées. Entre 30 et 35 °C, chaque degré supplémentaire réduirait en moyenne la production horaire d'environ 3 %, selon les données présentées par Allianz Trade. Les secteurs les plus exposés sont notamment l’agriculture, la construction et le tourisme, mais aucun pan de l’économie n’est totalement épargné.

Le changement climatique, une facture appelée à s’alourdir

La question dépasse désormais le seul épisode caniculaire de l’été 2026. Comme le souligne Les Échos, le changement climatique représente une facture économique croissante, alimentée à la fois par les événements extrêmes, les pertes de productivité, les dommages matériels et les dépenses nécessaires pour adapter le pays.

Les 10 à 15 milliards d’euros évoqués par Monique Barbut doivent donc être compris comme une estimation provisoire du coût des épisodes actuels, et non comme une facture définitive. À plus long terme, la répétition des vagues de chaleur pourrait peser bien davantage sur la croissance, les entreprises et les finances publiques.

La multiplication des épisodes extrêmes transforme ainsi progressivement la canicule en risque économique structurel, en plus d’être une urgence sanitaire et environnementale.


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