17 Aug 2026

COP17 sur la désertification : la conférence s’ouvre en Mongolie sur fond de sécheresses mondiales

logo

Tired Earth

By The Editorial Board

La 17ᵉ Conférence des parties de la Convention des Nations unies sur la lutte contre la désertification (COP17) s’est ouverte lundi 17 août à Oulan-Bator, en Mongolie, pour deux semaines de discussions consacrées à la dégradation des terres, à la sécheresse et à la restauration des écosystèmes.

La 17ᵉ Conférence des parties de la Convention des Nations unies sur la lutte contre la désertification (COP17) s’est ouverte lundi 17 août à Oulan-Bator, en Mongolie, pour deux semaines de discussions consacrées à la dégradation des terres, à la sécheresse et à la restauration des écosystèmes. Cette réunion intervient alors que les épisodes de chaleur et d’aridité se multiplient à travers le monde. [1]

L’enjeu est considérable : selon les Nations unies, environ 40 % des terres émergées, dont un quart des terres arables, sont aujourd’hui dégradées. La COP17 doit notamment examiner les moyens de mieux préserver et restaurer les sols, alors que la désertification est étroitement liée au changement climatique, à la sécheresse et à la perte de biodiversité.

La Mongolie a choisi de mettre particulièrement en avant le pastoralisme, un mode d’élevage central dans le pays. Longtemps considéré comme un facteur potentiel de dégradation des terres, il est aujourd’hui également étudié pour ses capacités à entretenir les paysages, préserver la biodiversité, prévenir certains incendies et favoriser l’adaptation au changement climatique. Environ 500 millions de personnes dépendent à l’échelle mondiale de l’élevage extensif.

La France désormais concernée

La désertification ne concerne plus seulement les régions traditionnellement arides du Sud. La France s’est officiellement déclarée pays affecté par la désertification en 2024, avec environ 1 % de son territoire alors considéré comme touché. Les sécheresses récurrentes, notamment dans les Pyrénées-Orientales, ont contribué à cette reconnaissance. [2]

L’été 2026 donne une résonance particulière à cette situation. Sécheresse persistante, incendies et pertes agricoles illustrent la vulnérabilité croissante de l’Hexagone. Pour le géographe Jean-Daniel Cesaro, interrogé par Le Monde, la situation actuelle montre que « nous devenons nous aussi vulnérables ». Il estime que la France a désormais des expériences à partager, mais aussi beaucoup à apprendre des pays confrontés depuis plus longtemps à la dégradation des terres. [3]

Le phénomène pourrait ainsi devenir un enjeu de plus en plus concret pour les territoires français à mesure que le réchauffement climatique accentue les épisodes de sécheresse et l’aridification des sols. Le Figaro souligne lui aussi cette nouvelle vulnérabilité de la France face à la désertification. [4]

Vers un accord contraignant ?

L’un des principaux enjeux diplomatiques de cette COP17 sera de déterminer si les États peuvent progresser vers un instrument juridiquement contraignant sur la sécheresse. Lors de la COP16, organisée en 2024 à Riyad, les pays occidentaux avaient refusé d’adopter les objectifs contraignants réclamés notamment par plusieurs pays du Sud et par des États africains. La question devrait donc revenir au centre des négociations à Oulan-Bator.

La COP17 devra également aborder la question des financements consacrés à la restauration des terres et au soutien aux populations qui en dépendent. Pour les scientifiques, l’objectif dépasse désormais la seule lutte contre la désertification : il s’agit de préserver des sols capables de retenir l’eau, de soutenir l’agriculture et de maintenir des écosystèmes résilients face au changement climatique.


newsletter

Les meilleurs de Tired Earth dans votre boîte mail

Inscrivez-vous pour recevoir des photos, des histoires et des offres spéciales de Tired Earth

En vous inscrivant à ce mail, vous acceptez les actualités, les offres et les informations de Tired Earth. Cliquez ici pour consulter notre politique de confidentialité.