Alors que l'Europe subit un été de canicules et de mégafeux, trois chercheurs en écologie politique dénoncent dans
une tribune au « Monde » la montée d'un discours anti-écologique porté par une minorité privilégiée et des gouvernements élus, parfois autoritaires.
L'été 2026 en Europe n'est pas seulement celui des records de chaleur et des incendies dévastateurs. Il est aussi celui du « déchaînement des attaques contre une écologie le plus souvent fantasmée ». C'est le constat amer que dressent l'historien Steve Hagimont, le chercheur Jean-Michel Hupé et l'historienne Laure Teulières dans une tribune publiée par Le Monde .
Un rejet qui monte en puissance
Pour les trois auteurs, ce rejet de l'écologie n'est pas nouveau, mais il s'est amplifié depuis la pandémie de Covid-19 et il est devenu mondial . Il est la conséquence paradoxale de l'échec des gouvernements à enrayer le réchauffement climatique, malgré l'ambition affichée lors de l'accord de Paris en 2015. Cet échec a nourri un discours qui accuse les défenseurs de l'environnement d'être à l'origine des maux qu'ils annoncent, voire de participer à un complot des « élites » pour asservir le « peuple » .
Une critique acerbe du « technosolutionnisme »
Les chercheurs s'attaquent également à la croyance dans les solutions technologiques, et notamment à l'intelligence artificielle. Selon eux, ces promesses n'ont jamais permis de résorber les dégâts environnementaux causés par les énergies fossiles. Pire, l'IA générative, présentée comme une solution, promet en réalité de « doper l'extraction du pétrole, du gaz et du charbon » .
Une lutte des classes climatique
La tribune dénonce une « minorité privilégiée » qui sacrifie la planète pour préserver ses richesses et son pouvoir, soutenue par les milieux d'affaires des énergies fossiles . Ce constat rejoint celui d'économistes comme Jean Pisani-Ferry, qui souligne que les dirigeants européens sont tentés de renoncer aux exigences climatiques pour des raisons politiques et industrielles, ce qui constituerait « une erreur historique majeure » . Face à cette situation, les auteurs appellent à un changement de système qui respecte les limites de la planète, fondé sur des processus démocratiques et l'égalité .
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