11 Dec 2024
Tired Earth
By The Editorial Board
D’un bout à l’autre de la planète, la population mondiale marche au milieu d’un air invisible et pourtant pollué. « Pratiquement tous les habitants de la planète respirent chaque jour des niveaux de pollution atmosphériques nocifs, avec des répercussions considérables sur la santé », établit le rapport « State of Global Air ».
Les gaz d’échappement des véhicules ou la combustion du bois et charbon des activités industrielles et agricoles produisent quotidiennement des particules fines extérieures (PM2,5), qui rejoignent l’air. Toutes petites, ces particules s’infiltrent dans les poumons et pénètrent la circulation sanguine : elles provoquent des maladies cardiaques, des accidents vasculaires cérébraux, du diabète, des cancers du poumon, et 90 % des décès dus à la pollution atmosphérique, soit 7,8 millions de personnes.
À l’échelle de la France, chaque année, 40 000 décès sont attribuables chaque année aux particules fines, selon Santé Publique France.
Naissances prématurées, insuffisance pondérale, maladies pulmonaires… Les enfants de moins de cinq ans sont très vulnérables face à la pollution de l’air. En 2021, la mort de 700 000 enfants de moins de cinq ans était liée à une exposition à la pollution atmosphérique, cela en fait le deuxième facteur de risque de décès dans le monde pour cette tranche d’âge, après la malnutrition.
Rédigé conjointement avec l’UNICEF, le rapport des instituts de recherches américains Health Effects Institute (HEI) et Institute for Health Metrics and Evaluation (IHME), met en avant la responsabilité des combustibles polluants dans les décès infantiles. En Afrique et en Asie, la cuisson en intérieur avec des combustibles polluants rend toxique l’air domestique. Ce dernier est responsable de 500 000 décès infantiles.
Le rapport apporte toutefois une bonne nouvelle : depuis l’année 2000, « le taux de mortalité des enfants de moins de cinq ans a chuté de 53 % ».
La pollution atmosphérique augmente aussi le réchauffement de la planète. La combustion de combustibles fossiles et de biomasse dans le secteur des transports, celui de l’habitat ou des centrales électriques, est responsable de la production de la pollution atmosphérique qui augmente le gaz à effet de serre, et réchauffe ainsi la planète.
Les populations les plus vulnérables sont disproportionnellement touchées par les risques climatiques et la population de l’air. « Les régions où les niveaux de NO 2 (dioxyde d’azote N.D.L.R.) sont élevés peuvent s’attendre à voir augmenter les niveaux d’ozone, ce qui aura des effets encore plus graves sur la santé », rapporte les chercheurs. Le NO 2 provient massivement des gaz d’échappement des véhicules : les zones urbaines, notamment dans les pays à revenu élevé enregistrent « les niveaux les plus élevés d’exposition au NO 2 et d’effets sur la santé ».
34 % de la population mondiale vit dans des zones qui dépassent même les objectifs provisoires les moins stricts de l’OMS en matière de qualité de l’air. « Cela indique clairement que les villes et les pays doivent considérer la qualité de l’air et la pollution atmosphérique comme des facteurs à haut risque lorsqu’ils élaborent des politiques de santé et d’autres programmes de prévention et de contrôle des maladies non transmissibles », se sont prononcés les auteurs du rapport.
Source : l'Humanité
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