15 Jun 2026

Les forces israéliennes et des colons détruisent des infrastructures hydrauliques en Cisjordanie, privant d'eau fermes et villages

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Tired Earth

By The Editorial Board

Des défenseurs de l'environnement alertent sur les conséquences de ces destructions, intervenues au début de la saison estivale. Au-delà de l'accès à l'eau potable, elles menacent également les cultures irriguées, l'élevage et l'équilibre déjà fragile des écosystèmes agricoles de la vallée du Jourdain septentrionale.

Image : Destruction des réseaux d'adduction d'eau alimentant les régions d'Atouf et de Ras al-Ahmar, dans le nord de la vallée du Jourdain.


Deux incidents distincts survenus au cours de la dernière semaine ont perturbé l'accès à l'eau de dizaines de communautés agricoles palestiniennes à l'est de Tubas. Des bulldozers de l'armée israélienne ainsi que des colons israéliens ont endommagé des canalisations, des équipements de pompage et des infrastructures électriques essentielles à l'approvisionnement en eau.

Des canalisations principales et secondaires détruites

Mardi, des bulldozers militaires israéliens ont détruit des conduites d'eau principales et secondaires à l'est de Tammun, au sud de Tubas, selon Mutaz Bisharat, représentant local de la Commission de résistance au mur et à la colonisation.

Les engins ont arraché une conduite principale alimentée par le puits d'Al-Ma'yar, ainsi que plusieurs canalisations secondaires desservant des dizaines de dunums de terres agricoles. Des compteurs d'eau auraient également été détruits.

Ces dommages ont provoqué des coupures d'eau touchant plusieurs communautés rurales et exploitations agricoles. Les cultures irriguées et le bétail dépendant de ces réseaux sont directement affectés, alors que les températures estivales augmentent dans la région.1

Un puits agricole pris pour cible

Quelques jours auparavant, dans la nuit de jeudi à vendredi, quatre colons israéliens vêtus d'uniformes de type militaire auraient agressé deux jeunes Palestiniens chargés de surveiller un puits agricole dans la région d'Atouf, au sud-est de Tubas.

Les deux gardiens protégeaient les installations électriques d'un puits artésien appartenant à l'agriculteur Nazeer Mohammad Bisharat. D'après les témoignages recueillis, les assaillants auraient pénétré dans le local technique, manipulé le tableau de commande et interrompu le fonctionnement du système de pompage.

Le même groupe aurait ensuite pénétré dans les habitations de cinq familles palestiniennes de la communauté voisine de Khirbet ar-Ras al-Ahmar. Les habitants affirment avoir subi des agressions, tandis que des installations électriques et des caméras de surveillance auraient été endommagées. Des menaces d'expulsion auraient également été proférées.

Dans un autre incident, des portions d'une conduite d'eau alimentant habitations et terres agricoles à l'est d'Atouf auraient été détruites, interrompant l'approvisionnement des résidents et des exploitations agricoles.2

Une pression croissante sur les infrastructures rurales

Selon les responsables locaux, ces événements s'inscrivent dans un contexte plus large de tensions et d'opérations répétées dans plusieurs régions de Cisjordanie.

Des destructions de terres agricoles et des incursions ont également été signalées dans les localités de Fahma et Kafr Ra'ey, au sud de Jénine. Les autorités palestiniennes estiment que ces actions se sont intensifiées depuis la réinstallation d'une colonie israélienne sur des terres palestiniennes près de Jaba'.

Les travaux menés dans les secteurs d'Atouf et de Ras al-Ahmar seraient liés à la construction d'une route militaire d'environ 22 kilomètres reliant plusieurs points de contrôle israéliens dans la région.

Une menace pour l'agriculture et les écosystèmes

La vallée du Jourdain septentrionale constitue une zone écologiquement sensible, où l'agriculture et l'élevage dépendent fortement de ressources hydriques limitées.

Pour les agriculteurs de l'est de Tammun, la perte d'accès à l'eau intervient à une période cruciale du développement des cultures. Les éleveurs, quant à eux, risquent de devoir transporter l'eau sur de longues distances ou de faire face à des pertes de bétail en raison de la chaleur.

« L'occupation vise l'élément le plus fondamental de la vie : l'eau. Sans elle, il n'y a ni agriculture, ni élevage, ni possibilité de rester sur ces terres », a déclaré Mutaz Bisharat.

Des questions de droit international

Selon plusieurs spécialistes du droit international humanitaire, la destruction systématique d'infrastructures civiles essentielles, notamment les réseaux d'approvisionnement en eau, soulève des interrogations juridiques importantes.

La Quatrième Convention de Genève interdit à une puissance occupante de détruire des biens civils sauf en cas de nécessité militaire impérative. Certains experts estiment également que les atteintes durables aux ressources environnementales et aux infrastructures vitales pourraient relever de formes de dommages environnementaux graves affectant les populations civiles.

À ce jour, aucune mission internationale indépendante n'a publié d'évaluation détaillée des dégâts signalés dans la région de Tubas. Pendant ce temps, de nombreuses familles dépendent de réserves d'eau limitées, tandis que plusieurs agriculteurs ne peuvent plus utiliser leurs propres puits pour irriguer leurs terres.


1.https://saba.ye/en/news3720704.htm

2.https://imemc.org/article/colonizers-assault-two-palestinians-sabotage-well-in-atouf/

Source :


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