05 Apr 2026
Tired Earth
By The Editorial Board
Selon un rapport récent de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture, les perturbations du trafic dans le détroit d’Ormuz, liées à l’escalade militaire au Moyen-Orient, déclenchent une crise globale aux répercussions multiples sur l’énergie, les engrais et les systèmes alimentaires.
Dans un communiqué présenté lors d’un point de presse des Nations unies, la FAO a indiqué que le volume de trafic maritime dans ce passage stratégique avait chuté de plus de 90 % en quelques jours seulement, perturbant un axe essentiel du commerce mondial.
L’expert de la FAO, Máximo Torero, explique que le détroit d’Ormuz ne constitue pas seulement un corridor énergétique, mais un maillon central des chaînes d’approvisionnement agricoles. « Il ne s’agit pas uniquement d’un choc énergétique, mais d’un choc systémique affectant l’ensemble des systèmes agroalimentaires », souligne-t-il.
Une crise qui dépasse le seul secteur énergétique
Selon le rapport de la FAO, environ un cinquième du gaz naturel liquéfié mondial et jusqu’à 30 % des engrais échangés à l’échelle internationale transitent par cette zone. L’organisation insiste sur le fait que la région du Golfe joue également un rôle crucial dans l’approvisionnement en soufre, un élément indispensable à la production d’engrais phosphatés.
La FAO a annoncé que toute perturbation dans cette chaîne pourrait désorganiser la production mondiale d’engrais, avec des effets directs sur les rendements agricoles.
Une hausse rapide des coûts agricoles
D’après les analyses présentées par la FAO, les premières conséquences de cette crise sont déjà visibles sur les marchés. Les prix des engrais ont connu une forte augmentation dès le début du mois de mars, en raison de la hausse des coûts de l’énergie, notamment du gaz naturel.
L’expert de la FAO explique que cette situation place les agriculteurs face à une double contrainte : des intrants plus coûteux et des frais énergétiques en hausse qui affectent l’ensemble de la chaîne de production agricole.
Selon la FAO, cette pression économique pourrait pousser de nombreux producteurs à réduire l’utilisation d’engrais ou à modifier leurs cultures, ce qui risque d’entraîner une baisse significative des rendements.
Des pays vulnérables particulièrement exposés
Le rapport de la FAO souligne que les pays les plus dépendants des importations d’engrais seront les plus touchés. Parmi eux figurent plusieurs États d’Afrique subsaharienne, ainsi que des pays déjà fragilisés sur le plan alimentaire comme le Soudan ou le Bangladesh.
La FAO précise que dans ces régions, où l’utilisation d’engrais est déjà limitée, toute hausse des prix ou rupture d’approvisionnement pourrait aggraver rapidement l’insécurité alimentaire.
Selon les projections de la FAO, l’évolution de la crise dépendra fortement de sa durée. L’organisation indique qu’un choc de courte durée pourrait être absorbé par les marchés mondiaux, grâce notamment aux stocks existants.
En revanche, la FAO avertit que des perturbations prolongées pourraient avoir des conséquences structurelles sur la production agricole mondiale, notamment une baisse des rendements pour des cultures essentielles comme le blé, le riz et le maïs.
Appel à une réponse internationale
Dans son communiqué, la FAO appelle à une réponse coordonnée à l’échelle internationale. L’organisation recommande notamment la mise en place de routes commerciales alternatives, un soutien financier aux pays les plus exposés et un accès accru au crédit pour les agriculteurs.
À plus long terme, la FAO souligne la nécessité de renforcer la résilience des systèmes agricoles en diversifiant les sources d’approvisionnement et en investissant dans des solutions durables.
Selon l’analyse de l’organisation, la crise actuelle met en lumière la forte interdépendance des systèmes alimentaires mondiaux et leur vulnérabilité face aux tensions géopolitiques.
Source : fao.org
Most Viewed
Le retour des chasseurs-cueilleurs à cause de réchauffement climatique
11 Dec 2024
Catastrophe écologique en 'Arabie Saoudite, ils épuisent leurs réserves d'eau
11 Dec 2024
Est ce-que le panda géant n’est plus une espèce « en danger » ?
11 Dec 2024
La plupart des cours d'eau surveillés en France sont pollués par des pesticides
11 Dec 2024
Encore très chaud en novembre, le record sera pulvérisé en 2016 par les rapports de NCEP
11 Dec 2024
Comment