04 Apr 2026

En Iran : les attaques contre les infrastructures médicales suscitent de vives inquiétudes humanitaires et environnementales

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Tired Earth

By The Editorial Board

Dans une escalade significative, des attaques américano-israéliennes ont ciblé des éléments clés des infrastructures civiles de santé en Iran, notamment des installations de production pharmaceutique et des centres de recherche médicale.

Dommages causés par les attaques américano-israéliennes contre la société Tofigh Daru, à Téhéran


Parmi les incidents les plus graves signalés figure la destruction de sites majeurs de fabrication de médicaments, dont la société pharmaceutique « Tofigh Daru » ainsi que l’historique « Institut Pasteur d’Iran ». Ces installations jouent un rôle essentiel dans la production de médicaments indispensables aux patients atteints de maladies graves et chroniques.

Selon des rapports officiels, ces attaques s’inscrivent dans une tendance plus large de frappes visant des infrastructures non militaires, suscitant des inquiétudes quant à ce que des experts décrivent comme une crise humanitaire en cours au sein du système de santé iranien. En particulier, le ciblage direct de la production pharmaceutique — cruciale pour le traitement du cancer, les soins chirurgicaux et les maladies spécialisées — est devenu un sujet majeur de préoccupation pour les professionnels de santé et les défenseurs des droits humains.

Des analystes ont averti que de telles actions ne peuvent être justifiées par une nécessité militaire et pourraient constituer de graves violations du droit international humanitaire, y compris de potentiels crimes de guerre.

Destruction d’un producteur pharmaceutique clé

Aux premières heures du 31 mars, des frappes aériennes et de missiles auraient touché l’un des fabricants pharmaceutiques les plus stratégiques d’Iran. L’installation, connue sous le nom de Tofigh Daru, produit des matières premières utilisées dans les médicaments hospitaliers, notamment pour l’anesthésie, le traitement du cancer et les soins critiques.

Selon le vice-ministre iranien de la Santé et directeur de l’Organisation nationale des aliments et des médicaments, l’attaque s’est produite vers 6h30 du matin, lorsque plusieurs missiles ont frappé directement le site. L’impact a détruit à la fois les unités de production et les laboratoires de recherche et développement.

Le responsable a averti que depuis le début du conflit, environ 24 usines pharmaceutiques, installations d’équipements médicaux et centres de distribution à travers l’Iran ont subi des dommages partiels ou totaux — affaiblissant davantage une chaîne d’approvisionnement en santé déjà sous pression.

Il convient de noter que Tofigh Daru est présenté comme appartenant à des travailleurs et à des retraités, ce qui signifie que sa destruction perturbe non seulement l’accès aux médicaments essentiels, mais affecte également directement les moyens de subsistance et le bien-être des groupes sociaux les plus vulnérables.

Dommages à l’Institut Pasteur : un centre scientifique centenaire

Lors d’une autre frappe signalée le 2 avril, des parties de l’Institut Pasteur d’Iran — une institution de recherche forte de plus d’un siècle d’histoire dans les domaines de la santé publique, de la lutte contre les maladies et de la vaccination — ont été gravement endommagées.

Selon le directeur de l’institut, plusieurs départements ont été touchés, notamment la recherche sur le paludisme, la banque cellulaire, la recherche clinique et les unités de biotechnologie, ainsi que des divisions de soutien essentielles telles que les technologies de l’information et les services d’ingénierie. L’intensité de l’attaque aurait causé des dégâts considérables sur l’ensemble du site, rendant le complexe principal largement inutilisable.

La destruction d’une telle installation dépasse les conséquences immédiates sur les services médicaux. Des centres de recherche comme l’Institut Pasteur jouent un rôle fondamental dans la surveillance des maladies, le développement de vaccins et la résilience des systèmes de santé — des fonctions essentielles non seulement au niveau national, mais aussi pour la sécurité sanitaire mondiale.

Dommages causés par les attaques américano-israéliennes contre l’Institut Pasteur à Téhéran

Préoccupations internationales et avertissements de l’OMS

À la suite des informations faisant état de ces destructions, le directeur général de l’Organisation mondiale de la santé, Tedros Adhanom Ghebreyesus, a exprimé son inquiétude dans une déclaration publique, avertissant que la guerre en cours en Iran et dans la région affecte à la fois la prestation des soins de santé et la sécurité du personnel médical et des patients.

Il a souligné que l’Institut Pasteur entretient une longue tradition de coopération avec l’OMS, notamment dans les domaines de la lutte contre les maladies et de la vaccination. Depuis le début des hostilités, l’organisation a vérifié plus de 20 attaques contre des établissements de santé à travers l’Iran.

Au-delà de l’impact humanitaire : des risques environnementaux et sanitaires

Si le coût humain immédiat de ces attaques est évident, leurs implications environnementales sont également considérables. La destruction d’installations pharmaceutiques et biomédicales augmente le risque de contamination chimique, de libération de substances dangereuses et de dommages durables aux écosystèmes environnants.

Par ailleurs, la perturbation de la production de médicaments et des systèmes de santé publique peut entraîner des crises secondaires : maladies non traitées, affaiblissement de la réponse aux épidémies et augmentation de la mortalité due à des affections pourtant maîtrisables.


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