Différents acteurs de l’industrie éolienne ont développé des techniques pour fabriquer des pales recyclables et celles-ci sont déjà commercialisées, notamment par Siemens-Gamesa.
Ce centre de recherche met au point une technologie de recyclage des pales d’éoliennes

Mais les dizaines de milliers d’éoliennes actuellement en service en Europe n’ont pas bénéficié de ces innovations. En Wallonie, le Centre Terre & Pierre (CTP) met au point, avec d’autres partenaires une technologie de recyclage des anciennes pales d’éoliennes.

Les premières grandes éoliennes ont été mises en service en Europe à la fin du siècle dernier. Aujourd’hui ces « vieux » parcs sont arrivés en fin de vie. Leurs turbines sont dès lors démantelées pour être le plus souvent remplacées par des moulins plus puissants.

En France, on estime à 1.500 le nombre d’éoliennes à démonter dans les cinq ans à venir. Les parties métalliques comme le mat et les composants électriques constituent plus de 90 % du poids des machines et se recyclent sans problème dans les filières existantes. Le béton armé des fondations peut aussi être facilement valorisé : trié, concassé et déferraillé il est réutilisé sous la forme de granulats dans le secteur de la construction.

Mais que faire des pales qui sont constituées de matériaux composites à base de fibres de verre ou de carbone difficiles à recycler ? Le problème est d’ailleurs plus vaste que celui du recyclage des éoliennes puisque ces mêmes matériaux sont utilisés pour de nombreuses autres applications, comme par exemple les coques de bateaux et de kayaks, les skis, les planches à voiles, des réservoirs de toutes sortes, des éléments de carrosserie dans la construction automobile, des pièces pour l’aéronautique, etc.

Des solutions responsables pour le recyclage des pales

Sachant qu’une pale représente entre 5 et 10 % du poids d’une éolienne, différents acteurs de l’industrie ont développé des techniques pour fabriquer des pales recyclables et celles-ci sont déjà commercialisées, notamment par Siemens-Gamesa. Mais les dizaines de milliers d’éoliennes actuellement en service en Europe n’ont pas bénéficié de ces innovations.

Sur les réseaux sociaux vous pouvez découvrir des photos de pales d’éoliennes en fin de vie, enfouies dans des décharges. Cette pratique dénoncée haut et fort par les mouvements anti-éoliens est toutefois relativement rare. Elle est d’ailleurs carrément interdite dans certains pays comme l’Autriche, l’Allemagne, les Pays-Bas et la Finlande.
Conscient des enjeux environnementaux et climatiques, le secteur éolien, du moins en Europe, cherche et applique des solutions plus responsables. Ainsi, Wind Europe, l’association qui représente les professionnels de la filière, a récemment appelé l’Union européenne à bannir la pratique de l’enfouissement des pales d’ici 2025. Des alternatives existent en effet, comme l’utilisation du broyat de pales en tant que combustible dans les cimenteries ou pour la fabrication de mobilier urbain.

La Wallonie voudrait créer une filière de recyclage des pales

En Wallonie, le centre de recherche agréé Terre & Pierre (CTP) s’est spécialisé dans le domaine du recyclage des déchets industriels et urbains. Pour lancer le projet Recypale, il s’est associé à deux partenaires privés, la société Wanty active dans la construction routière et le groupe de grutage Dufour qui a développé une expertise dans le montage et le démontage d’éoliennes, . Objectif : mettre au point une technologie wallonne d’extraction des fibres des pales. « Transformées en petites aiguilles elles peuvent ensuite être incorporées à du béton ou à de l’asphalte« , explique Stéphane Neyrinck, le directeur du CTP, à nos confrères de notélé. Les tests effectués en laboratoire ont prouvé que ces deux matériaux deviennent alors plus souples et plus résistants.

Les fibres sont extraites et transformées en petites aiguilles pour être ensuite incorporées dans du béton

« Ce projet représente une opportunité pour la Wallonie de se profiler sur cette filière de recyclage et viser un recyclage à 100% des éoliennes à brève échéance dans notre région» a déclaré Céline Tellier, la ministre wallonne de l’Environnement qui a octroyé au projet un subside de 500.000 €, soit 50 % du budget.

Source: revolution-energetique.com

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